Par Christophe | Publié le
🎧 Ce qu’il faut retenir
- Les Honor Choice Codeler Headphones 2 sont lancés à environ 50 € (avec promo dès 43 €), un tarif agressif sur le segment des casques à réduction de bruit active
- Transducteurs de 40 mm, support Hi-Res Audio Wireless via codec LDAC, ANC jusqu’à 57 dB et nouvelle puce Bluetooth 6.0
- Autonomie record de 70 heures, audio spatial avec head-tracking, mode gaming à latence réduite de 60 % et géométrie spécifique pour porteurs de lunettes
La sous-marque Honor Choice (qui regroupe les accessoires audio et lifestyle d’Honor) revient avec un casque sans fil qui aligne des spécifications techniques rarement vues à ce niveau de prix. Les Codeler Headphones 2 succèdent au modèle original avec une batterie d’améliorations qui méritent une analyse approfondie pour comprendre ce que vaut réellement cette proposition.
Sommaire
- 1 Bluetooth 6.0 : une rareté à 50 €
- 2 LDAC + Hi-Res Audio Wireless : la fidélité enfin accessible
- 3 Audio spatial et head-tracking : le DSP costaud arrive en entrée de gamme
- 4 ANC à 57 dB : entre annonce marketing et réalité
- 5 Mode gaming et latence réduite de 60 %
- 6 Confort longue durée : la pensée pour les porteurs de lunettes
- 7 70 heures d’autonomie : la nouvelle référence du segment
- 8 Pour qui, dans quel usage ?
- 9 Questions fréquentes sur le Honor Choice Codeler Headphones 2
Bluetooth 6.0 : une rareté à 50 €
La première chose qui interpelle dans la fiche technique des Codeler 2, c’est l’intégration de la puce Bluetooth 6.0. À l’heure où la majorité des casques à 50 € se contentent encore de Bluetooth 5.2 ou 5.3, voir cette dernière génération sur un produit aussi accessible est une vraie démarcation stratégique.
Concrètement, le Bluetooth 6.0 apporte plusieurs améliorations techniques :
- Une gestion énergétique optimisée qui contribue directement aux 70 heures d’autonomie annoncées
- Des protocoles de handshake repensés pour des connexions plus rapides et plus stables
- Un support natif de la fonction Channel Sounding (positionnement précis entre appareils)
- Une fiabilité supérieure de la connexion Multipoint qui permet d’être appairé simultanément à deux sources (smartphone + ordinateur typiquement)
Ce choix d’inclure une puce dernier cri à ce niveau de prix est stratégique : Honor Choice se positionne comme une marque qui ne fait pas de compromis technologiques même sur l’entrée de gamme. C’est une approche que l’on commence à voir chez d’autres marques chinoises ambitieuses (Xiaomi, OnePlus, Anker) qui assumées une politique de “spec-sheet maximaliste” pour rivaliser avec les flagships.
Du Bluetooth 6.0 à 50 €, c’est un signal fort : les marques chinoises pressent les marges sur les composants pour conquérir le segment milieu de gamme.

Le Honor Choice Codeler Headphones 2 disponible en deux finitions : noir mat (à gauche) pour le classique sobre, et blanc ivoire (à droite) pour une option plus douce et lifestyle. Les boutons physiques visibles sur la coque blanche illustrent le parti pris ergonomique d’Honor face au tactile capacitif moins fiable.
LDAC + Hi-Res Audio Wireless : la fidélité enfin accessible
L’autre choix technique remarquable est l’inclusion du codec LDAC aux côtés des codecs standards AAC et SBC. Pour rappel, le LDAC est un codec audio sans fil développé par Sony qui permet de transmettre jusqu’à 990 kbps (contre 320 kbps maximum pour le SBC et l’AAC). C’est ce qui ouvre la porte à la certification Hi-Res Audio Wireless que Honor revendique sur ce modèle.
Cette transmission haut débit permet aux transducteurs de 40 mm d’exploiter pleinement leurs capacités, particulièrement sur les genres musicaux exigeants en termes de dynamique et de finesse spectrale (musique acoustique, jazz, classique). Sur des casques bas de gamme limités au SBC, les 40 mm de transducteurs sont en pratique sous-utilisés faute d’un signal source de qualité suffisante.
Pour exploiter le LDAC, il faut un smartphone compatible (la quasi-totalité des Android haut et milieu de gamme depuis Android 8.0) avec une bibliothèque audio en haute résolution (Tidal, Qobuz, fichiers FLAC personnels). Les utilisateurs iPhone resteront limités au codec AAC, qui reste très correct mais inférieur en qualité théorique au LDAC.
Audio spatial et head-tracking : le DSP costaud arrive en entrée de gamme
Honor a également intégré une fonction d’audio spatial avec head-tracking sur les Codeler 2. C’est une fonctionnalité historiquement réservée au haut de gamme (AirPods Pro, Sony WH-1000XM5, Bose QC Ultra) — la trouver à 50 € est inhabituel.
Le head-tracking utilise les capteurs gyroscopiques intégrés dans le casque pour détecter les mouvements de la tête et ajuster la spatialisation du son en temps réel. Concrètement, lorsque vous tournez la tête, la source sonore reste “ancrée” dans l’espace virtuel devant vous (comme dans une vraie pièce), au lieu de tourner avec votre tête. C’est très utile pour :
- Le visionnage de films/séries (l’audio reste fixé sur l’écran)
- Les jeux vidéo avec audio positionnel
- Les visioconférences avec plusieurs participants spatialisés
La revendication d’Honor est qu’il s’agit d’un traitement DSP sophistiqué, qui est techniquement crédible étant donné la puissance des SoC audio modernes intégrés dans les casques contemporains.
ANC à 57 dB : entre annonce marketing et réalité
La réduction de bruit active (ANC) jusqu’à 57 dB annoncée par Honor mérite qu’on s’y attarde, parce que ce chiffre est trompeur pour qui ne connaît pas le sujet.
Le 57 dB représente la profondeur d’atténuation maximale dans certaines bandes de fréquence (typiquement entre 100 Hz et 1 kHz, où l’ANC est plus efficace techniquement). Ce n’est pas la moyenne globale sur tout le spectre audible — un détail important. En pratique, sur l’ensemble du spectre, l’atténuation moyenne sera plus proche de 30-35 dB, ce qui reste excellent.
L’utilité réelle de l’ANC dépendra surtout de comment les algorithmes internes gèrent la transition entre :
- L’isolation passive assurée par les coussinets en mousse à mémoire de forme et l’étanchéité du joint sur l’oreille
- L’isolation active générée par les microphones internes et le DSP
Sur les bonnes implémentations, ces deux isolations se complètent (l’active sur les basses fréquences continues comme un train ou un avion, la passive sur les hautes fréquences comme les voix). Sur les implémentations médiocres, le DSP “fight” la mousse et crée des artefacts désagréables (effet de pression, micro-distorsions). Les tests utilisateurs des prochaines semaines permettront de positionner les Codeler 2 sur cette échelle.

Vue détaillée des 6 arguments techniques majeurs du Honor Choice Codeler Headphones 2 : structure inclinée pour propagation directe, audio spatial 360° avec gyroscope intégré, cavité acoustique arrière indépendante pour les basses, double certification Hi-Res Audio (Gold Label), transducteurs 40 mm à aimant néodyme-fer-bore, et 5 modes d’égaliseur dont l’audio spatial avec head-tracking.
Mode gaming et latence réduite de 60 %
Honor revendique également un mode gaming dédié qui réduirait la latence de 60 % par rapport au mode standard. Sans donner de chiffre absolu, c’est cohérent avec ce que font les concurrents : la latence Bluetooth audio standard tourne autour de 150-200 ms (qui crée un décalage audible entre l’image à l’écran et le son), tandis qu’un mode gaming optimisé peut descendre à 40-80 ms.
C’est une fonctionnalité qui prend tout son sens dans plusieurs contextes :
- Les jeux compétitifs où chaque milliseconde compte (FPS, fighting games, jeux de rythme)
- Le visionnage de contenus avec des transitoires marqués (effets sonores brutaux, lipsync vocal)
- Les visioconférences professionnelles où la latence Bluetooth peut perturber les conversations en duplex
À noter que la latence reste structurellement plus élevée qu’une connexion filaire — le Bluetooth, même optimisé, ne peut pas rivaliser avec un câble jack 3,5 mm pour les usages ultra-compétitifs. Mais pour le gaming casual et la consommation de contenus, cette latence réduite est un vrai atout.
Confort longue durée : la pensée pour les porteurs de lunettes
Sur le plan ergonomique, Honor a misé sur deux choix bienvenus pour le confort longue durée :
- Un système de suspension réglable sur 3 axes qui répartit la pression sur la tête
- Une géométrie spécifique de la mousse à mémoire conçue pour atténuer les fuites autour des branches de lunettes
Ce dernier point mérite d’être souligné. C’est une frustration récurrente des porteurs de lunettes (et ils sont nombreux) avec les casques over-ear : la branche de la monture passe entre la mousse du coussinet et la tempe, créant une fuite acoustique qui dégrade à la fois l’isolation passive et la restitution des basses fréquences (qui dépendent de l’étanchéité du joint sur l’oreille). Voir un constructeur intégrer cette préoccupation dans la conception du coussinet est rare et appréciable.
Côté contrôles, Honor privilégie les touches physiques plutôt que les surfaces capacitives tactiles. C’est un parti pris assumé qui plaît aux utilisateurs frustrés par les fausses manipulations en mouvement (running, transports). Les contrôles tactiles sont esthétiquement plus modernes mais notoirement moins fiables en usage réel.
Suspension 3 axes + géométrie anti-lunettes + boutons physiques : Honor a écouté les retours utilisateurs des casques précédents. Ça change.
70 heures d’autonomie : la nouvelle référence du segment
L’autonomie annoncée de 70 heures mérite qu’on la replace dans le contexte du marché. Les concurrents directs à 50-80 € affichent typiquement 30 à 50 heures, et les flagships premium (Sony WH-1000XM5, Bose QC Ultra) tournent autour de 30 heures avec ANC actif.
70 heures représentent concrètement :
- Plus d’une semaine d’usage intensif (10h/jour) sans recharge
- Deux semaines à raison de 5h/jour (usage typique télétravail + déplacements)
- Suffisamment pour un long voyage international sans avoir à transporter le câble de chargement
À noter que cette autonomie est probablement annoncée sans ANC actif et avec codec basique (SBC). Avec ANC + LDAC actif, l’autonomie réelle descendra probablement vers 40-50 heures, ce qui reste excellent pour le segment.
Pour qui, dans quel usage ?
Les Honor Choice Codeler Headphones 2 ciblent un public précis : celui qui cherche un casque à réduction de bruit active polyvalent sans investir dans un flagship à 300-400 €.
Les profils d’acheteurs types :
Les télétravailleurs réguliers qui ont besoin d’un casque confortable longue durée pour le travail concentré, les visioconférences et la déconnexion entre deux meetings.
Les voyageurs réguliers qui apprécient l’ANC en avion et en train, sans vouloir transporter et risquer un casque à 400 €.
Les étudiants et jeunes actifs qui veulent un casque polyvalent pour la musique, les podcasts, le gaming casual et les appels, sans exploser leur budget.
Les utilisateurs Android avec bibliothèque audio LDAC qui souhaitent exploiter leurs sources haute résolution sans fil sans payer le ticket d’entrée des casques audiophiles dédiés.
En revanche, les audiophiles puristes resteront probablement frustrés par les compromis inhérents au sans-fil grand public (compression LDAC reste lossy même à 990 kbps) et par les limites physiques d’un casque à 50 € face à des références audiophiles dédiées dans une autre catégorie de prix.
Pour ceux qui veulent comparer ce nouveau Honor Choice Codeler 2 avec d’autres références audio sans fil et casques à réduction de bruit récemment testés, notre rubrique tests et guides matériel audiovisuel couvre régulièrement ces nouveautés avec un angle “rapport qualité/prix réel” plutôt que les fiches marketing pures.
Pour en savoir plus : voir le site officiel de la marque Honor.

Questions fréquentes sur le Honor Choice Codeler Headphones 2
Quelle différence entre Bluetooth 6.0 et Bluetooth 5.3 ?
Le Bluetooth 6.0 apporte plusieurs améliorations techniques : gestion énergétique optimisée (qui contribue directement à l’autonomie de 70 heures du Codeler 2), protocoles de handshake plus rapides et plus fiables, support natif de Channel Sounding (positionnement précis entre appareils), et stabilité supérieure de la connexion Multipoint. Ces évolutions sont surtout perceptibles à l’usage prolongé et en environnement Bluetooth saturé. Pour un usage casque audio classique, le Bluetooth 5.3 reste très satisfaisant — le 6.0 est un argument de durabilité de l’investissement et de fiabilité Multipoint.
Le LDAC fonctionne-t-il avec un iPhone ?
Non. Le codec LDAC est développé par Sony et nativement supporté par Android (8.0 et ultérieurs) et certains DAC dédiés. Apple ne supporte pas le LDAC sur iPhone et privilégie son propre codec AAC. Sur iPhone, les Codeler Headphones 2 fonctionneront via le codec AAC, qui reste de très bonne qualité mais inférieur en débit théorique au LDAC (256 kbps maximum vs 990 kbps pour le LDAC). Si l’objectif principal est d’exploiter le LDAC pour l’audio haute résolution, mieux vaut être équipé d’un smartphone Android.
L’ANC à 57 dB est-il vraiment efficace ?
Le chiffre de 57 dB représente l’atténuation maximale dans certaines bandes de fréquence (entre 100 Hz et 1 kHz typiquement, où l’ANC est techniquement plus efficace). Ce n’est pas la moyenne globale sur tout le spectre. En pratique, l’atténuation moyenne sera plus proche de 30-35 dB sur l’ensemble du spectre audible, ce qui reste excellent et compétitif face aux Sony WH-1000XM5 ou Bose QC Ultra. L’efficacité réelle dépendra surtout de la qualité de transition entre l’isolation passive (mousse à mémoire) et l’isolation active (DSP), qui ne se révèle qu’aux tests utilisateurs.
Le Codeler Headphones 2 est-il adapté aux porteurs de lunettes ?
Oui, c’est l’un des arguments mis en avant par Honor. Les coussinets utilisent une géométrie spécifique de la mousse à mémoire conçue pour atténuer les fuites acoustiques autour des branches de lunettes — un défaut récurrent des casques over-ear classiques qui dégrade à la fois l’isolation passive et la restitution des basses fréquences. C’est une attention rare à ce niveau de prix qui mérite d’être saluée. Reste à confirmer en utilisation réelle si la promesse est tenue, mais le seul fait que la marque ait intégré cette préoccupation dans la conception est un signal positif.
70 heures d’autonomie, est-ce vraiment réaliste ?
Cette autonomie est probablement annoncée dans des conditions optimales : ANC désactivé, codec SBC basique (qui consomme moins que le LDAC), volume modéré. En conditions d’usage réel avec ANC actif et LDAC pour profiter de la haute résolution, l’autonomie réelle se situera plus probablement entre 35 et 50 heures. Cela reste néanmoins excellent et largement supérieur à la moyenne du segment (30-50 heures pour les concurrents directs, 30 heures pour les flagships premium comme Sony WH-1000XM5). Les 70 heures sont une référence de durabilité de la batterie sur la durée de vie du produit, plutôt qu’un chiffre constant en usage typique.

