Par Christophe | Publié le
🔥 Ce qu’il faut retenir
- ChatGPT peut révéler des numéros de téléphone et adresses personnelles réelles
- Les données proviennent de documents publics intégrés dans l’entraînement de l’IA
- Les autres chatbots comme Grok et Claude montrent plus de retenue
Sommaire
Une expérience révélatrice sur la confidentialité des IA
Matt Novak, journaliste chez Gizmodo, a mené une expérience troublante en demandant ses propres coordonnées à différents chatbots IA. Les résultats soulèvent des questions importantes sur la protection de la vie privée à l’ère de l’intelligence artificielle.
Lorsqu’il a interrogé ChatGPT sur son propre numéro de téléphone, l’IA a fourni un numéro réel qu’il avait utilisé pendant des années avant de déménager en Australie. Le chatbot a précisé qu’il ne pouvait pas vérifier si ce numéro était encore actif. L’information provenait apparemment d’un document PDF lié à une demande FOIA (Freedom of Information Act) faite auprès de la FTC en 2016.
ChatGPT a également révélé une ancienne adresse personnelle sans aucune hésitation lorsqu’on lui a demandé.
Des comportements différents selon les plateformes
L’expérience révèle des approches contrastées entre les différents chatbots. Quand Novak a testé son adresse personnelle, ChatGPT l’a fournie sans questionnement, bien qu’il ne vive plus à cette adresse.
En revanche, Grok (le chatbot de X) a refusé de divulguer le numéro de téléphone, même face aux arguments insistants du journaliste prétendant une situation d’urgence vitale. Grok a également reconnu que la personne demandait ses propres coordonnées, contrairement aux autres chatbots.
Claude s’est montré plus prudent dans ses réponses, refusant également de partager ces informations personnelles.
Un problème systémique de données d’entraînement
Cette situation illustre un problème plus large concernant l’utilisation d’informations personnellement identifiables (PII) dans les données d’entraînement des IA. Selon l’article d’Eileen Guo du MIT Technology Review, d’autres personnes ont été confrontées à des problèmes similaires.
Un développeur logiciel en Israël a commencé à recevoir des appels de service client après que Gemini ait distribué son numéro par erreur.
Cette problématique rappelle l’évolution des normes de confidentialité. Au 20ème siècle, les annuaires téléphoniques distribuaient massivement les numéros et adresses de tous les résidents. Aujourd’hui, ces mêmes informations sont considérées comme hautement sensibles.
Les risques pour les utilisateurs ordinaires
Au-delà des erreurs prévisibles liées au taux d’erreur des IA, le véritable problème concerne la possibilité que les chatbots révèlent les vraies coordonnées des utilisateurs. Cette situation soulève des questions cruciales sur la protection des données personnelles intégrées involontairement dans les systèmes d’IA.
Les entreprises développant ces technologies doivent désormais faire face à un défi majeur : comment empêcher leurs systèmes de divulguer des informations personnelles tout en maintenant leurs capacités de traitement et de recherche d’informations.

Comment protéger ses données personnelles face aux IA ?
Vérifiez régulièrement ce que les IA savent sur vous en testant avec vos propres informations. Limitez la publication de données personnelles en ligne et surveillez les documents publics contenant vos coordonnées.
Tous les chatbots IA révèlent-ils des données personnelles ?
Non, les comportements varient selon les plateformes. ChatGPT semble moins restrictif, tandis que Grok et Claude montrent plus de prudence dans la divulgation d’informations personnelles.
D’où proviennent ces informations dans les IA ?
Les données personnelles proviennent souvent de documents publics, d’annuaires en ligne, de demandes FOIA ou d’autres sources accessibles publiquement intégrées dans les datasets d’entraînement des IA.

