Quatre buses, zéro purge : le pari du fabricant chinois pour démocratiser l’impression multicolore
Par Christophe | Publié le
🔥 Ce qu’il faut retenir
- Creality lance la K3, sa nouvelle imprimante 3D CoreXY haut de gamme, équipée du système KliTek : quatre buses indépendantes qui s’échangent automatiquement, au lieu d’une seule buse qu’il faut purger à chaque changement de couleur.
- Creality annonce 4,8 secondes par changement de buse et 15 secondes pour un changement complet de couleur ou de matière, avec quatre emplacements de bobines intégrés. Prix de lancement en Chine : environ 555 euros (4 599 yuans) ; prix international attendu sous environ 770 euros (900 dollars).
- Précommandes annoncées pour la mi-octobre, sans date de livraison ni prix européen officiel à ce jour. Elle vise les amateurs qui impriment en plusieurs couleurs ou matières et veulent gaspiller moins de filament.
L’impression 3D multicolore est devenue très populaire ces dernières années, mais elle a un défaut bien connu : sur la plupart des machines, une seule buse sert à toutes les couleurs, et chaque changement oblige à purger du filament. Résultat, la poubelle se remplit parfois plus vite que le plateau. Avec la K3, Creality rejoint le club des imprimantes à changement d’outil, une approche longtemps réservée à des machines bien plus chères. Pour suivre toute l’actualité de l’impression 3D et du high-tech grand public, rendez-vous sur notre magazine Test Matériel.
KliTek : quatre buses qui se relaient au lieu d’une seule qui purge
Le cœur de la K3 est le système KliTek. L’imprimante dispose de quatre buses, chacune avec son propre chemin de filament. Quand le modèle demande une autre couleur, la tête d’impression dépose la buse en cours et en récupère une autre, déjà en température : Creality explique que chaque buse est préchauffée pendant qu’elle attend sur son support, avec une régulation précise de la température et une rétraction du filament pour limiter les coulures et les fils.

La tête d’impression de la K3 dépose une buse et en récupère une autre : Creality annonce 4,8 secondes par changement.
💡 Pour comprendre : pourquoi changer de buse plutôt que de filament ?
Sur une imprimante multicolore classique, les bobines partagent une seule buse. Pour passer du rouge au bleu, la machine doit couper le filament, charger le nouveau, puis expulser le reste de rouge encore dans la buse : c’est la purge, qui part à la poubelle ou forme une « tour de purge » à côté de l’objet. Sur une impression avec beaucoup de changements, ces déchets peuvent peser plus lourd que la pièce elle-même. Avec une buse par couleur, il n’y a presque plus rien à purger : on échange simplement l’outil, ce qui économise du filament et souvent du temps.
Moins de purge, c’est moins de filament jeté, mais aussi des impressions multicolores qui ne prennent plus une nuit entière à cause des changements de couleur.
Creality annonce un changement de buse en 4,8 secondes et un changement complet de couleur ou de matière en 15 secondes. Le fabricant indique avoir validé le mécanisme sur plus de 800 000 changements de buse et annonce un écart de précision inférieur à 25 micromètres sur les trois axes. Pour qui veut se lancer dans l’impression en plusieurs couleurs, le choix d’imprimantes 3D multicolores s’est beaucoup élargi, mais les machines à changement d’outil restent encore rares sous la barre des 1 000 euros.

Les quatre buses du système KliTek attendent sur leur support, préchauffées, que la tête vienne les chercher.
Les visuels officiels montrent bien le principe : la tête d’impression ne porte qu’une seule buse à la fois, et les trois autres restent accrochées sur un support à l’arrière du plateau, chacune reliée à son propre tube de filament. Chaque buse forme un ensemble complet, avec sa propre partie chauffante, ce qui permet de la garder à température pendant qu’elle attend et de la reprendre sans couper ni recharger le filament.
Buses, filaments et logiciels : ce que la K3 sait faire
La K3 est livrée avec quatre buses en laiton de 0,4 mm et quatre emplacements de bobines intégrés : elle imprime donc en quatre couleurs ou quatre matières dès la sortie du carton, sans boîtier externe. Un kit de buses multiples (0,2, 0,4, 0,6 et 0,8 mm) sera vendu après le lancement, et Creality précise que l’on peut mélanger des buses de matériaux différents, par exemple du laiton et de l’acier trempé, ce dernier étant indispensable pour les filaments chargés en fibres. Mélanger les diamètres permet par exemple d’imprimer les parois visibles en 0,4 mm pour la finesse et le remplissage intérieur en 0,8 mm pour gagner du temps.
💡 Pour comprendre : le TPU et la dureté Shore
Le TPU est un filament souple, utilisé pour les coques de téléphone, les joints ou les semelles. Sa souplesse se mesure en dureté Shore A : plus le chiffre est bas, plus le matériau est mou. Un TPU 95A est souple mais encore assez ferme, alors qu’un 85A se rapproche du caoutchouc. Les filaments très mous sont difficiles à pousser dans une imprimante, car ils se tordent dans le chemin d’alimentation : c’est pourquoi beaucoup de machines les gèrent mal.
La K3 accepte plusieurs matières dans une même impression, par exemple du PLA, du PETG et du TPU. Le TPU 95A est pris en charge d’origine ; les TPU plus souples (90A et 85A) demandent un kit multi-matière optionnel. Pour aller au-delà de quatre couleurs, Creality propose deux pistes : la superposition de couleurs CMJN, qui joue sur la translucidité des filaments pour créer des teintes intermédiaires, et un CFS Hub qui relie la K3 aux boîtiers de filaments CFS de la marque. Côté logiciel, la K3 est optimisée pour Creality Print 7.0 et compatible avec OrcaSlicer ; l’accès root est ouvert d’origine et un firmware basé sur Klipper sera publié par étapes.
Creality K3, Snapmaker U1 et Bambu Lab H2D : le comparatif
La K3 arrive sur un créneau où la concurrence se réveille. La Snapmaker U1 propose déjà quatre têtes interchangeables en France, et la Bambu Lab H2D mise sur deux buses dans une même tête, à un prix bien plus élevé. Quelle que soit la machine, pensez aussi au consommable : un multicolore demande plusieurs bobines, et un lot de filaments PLA 1,75 mm en plusieurs couleurs est souvent plus économique que des bobines achetées une à une.
| Critère | Creality K3 | Snapmaker U1 | Bambu Lab H2D |
|---|---|---|---|
| Principe multicolore | 4 buses interchangeables (KliTek) | 4 têtes interchangeables (SnapSwap) | 2 buses dans une même tête |
| Changement d’outil | 4,8 s (15 s pour un changement de couleur complet) | Environ 5 s | Pas de changement d’outil, bascule entre deux buses |
| Bobines sans accessoire | 4 emplacements intégrés | Jusqu’à 4 bobines | AMS 2 Pro dans la version Combo |
| Diamètres de buse | 4 x 0,4 mm livrées, kit 0,2 à 0,8 mm à venir | 0,4 mm acier inoxydable | 2 buses |
| Prix | Environ 555 euros en Chine (4 599 yuans), moins d’environ 770 euros (900 dollars) attendu à l’international | Environ 750 euros en France | Lancée à partir de 1 899 euros |
Prix, disponibilité en France et conseils avant de précommander
Une imprimante à changement d’outil prend tout son sens si vous imprimez souvent en plusieurs couleurs : pour du monochrome, une machine classique reste plus simple et moins chère.
Creality a ouvert la K3 en Chine à un prix de lancement d’environ 555 euros (4 599 yuans). Pour le reste du monde, le fabricant annonce des précommandes à partir de la mi-octobre et un prix attendu sous environ 770 euros (900 dollars), sans tarif européen définitif ni date de livraison pour l’instant. Avant de précommander, attendez le prix français officiel et les premiers retours sur la fiabilité du changeur de buses, un mécanisme plus complexe qu’une tête unique. Vérifiez aussi le prix des buses de rechange et du kit multi-diamètres, qui pèseront sur le coût réel. Si vous voulez imprimer en multicolore dès maintenant, la Snapmaker U1 est déjà disponible en France autour de 750 euros ; et si la couleur est occasionnelle, une imprimante à buse unique avec module multicolore coûte moins cher à l’achat, au prix de davantage de purge.
Mon avis
La K3 arrive au bon moment. Le changement d’outil était jusqu’ici l’apanage de machines chères ou exigeantes, et voir Creality, qui a fait entrer l’impression 3D dans beaucoup de foyers, s’y attaquer sous les 900 dollars est une vraie bonne nouvelle pour les amateurs de figurines et d’objets multicolores.
Ce qui me séduit le plus, c’est la combinaison de quatre bobines intégrées et de buses de diamètres différents. Imprimer les détails en 0,4 et le remplissage en 0,8 dans la même pièce, c’est un gain de temps concret, pas un argument de fiche technique.
Je reste prudent sur deux points. La fiabilité d’abord : 800 000 changements en laboratoire, c’est rassurant sur le papier, mais seuls les retours d’utilisateurs diront si le mécanisme tient dans la durée. Le prix européen ensuite, qui décidera de tout face à une Snapmaker U1 déjà en vente. Si Creality s’aligne autour de 750 euros, la K3 deviendra une référence ; au-delà, mieux vaut attendre les premiers tests.
Vous hésitez entre une imprimante à changement d’outil et une machine à buse unique avec module multicolore ? Posez votre question en commentaire, sinon je suis là pour vous aider à choisir selon ce que vous imprimez vraiment.
Pour suivre l’ouverture des précommandes et la fiche technique complète de la K3, consultez le site officiel de Creality.

Qu’est-ce que le système KliTek de la Creality K3 ?
KliTek est le système de changement de buse de la K3. L’imprimante possède quatre buses indépendantes, chacune avec son propre chemin de filament, qui s’échangent automatiquement selon la couleur ou la matière demandée. Les buses en attente sont préchauffées sur leur support. Creality annonce 4,8 secondes par changement de buse.
Combien coûte la Creality K3 ?
En Chine, son prix de lancement est d’environ 555 euros (4 599 yuans). Pour l’international, Creality annonce un prix inférieur à environ 770 euros (900 dollars). Le prix officiel en euros n’est pas encore connu. Il faudra aussi compter les buses de rechange et les accessoires optionnels.
Quand la Creality K3 sera-t-elle disponible en France ?
Creality annonce l’ouverture des précommandes à la mi-octobre. Aucune date de livraison n’a été communiquée pour l’Europe à ce jour. Le plus simple est de surveiller le site officiel de Creality, qui publiera le prix et le calendrier.
Combien de couleurs la K3 peut-elle imprimer ?
Quatre couleurs ou matières d’origine, grâce à quatre buses et quatre emplacements de bobines intégrés. La superposition de couleurs CMJN permet d’obtenir des teintes intermédiaires à partir de filaments translucides. Pour davantage de couleurs, un CFS Hub relie la K3 aux boîtiers de filaments CFS de Creality.
La Creality K3 imprime-t-elle le TPU ?
Oui. Le TPU 95A est pris en charge d’origine, et la K3 peut mélanger plusieurs matières dans une même impression, comme du PLA, du PETG et du TPU. Les TPU plus souples, en 90A et 85A, nécessitent un kit multi-matière vendu en option.
Peut-on utiliser des buses de tailles différentes ?
Oui. La K3 est livrée avec quatre buses de 0,4 mm, et un kit de buses de 0,2, 0,4, 0,6 et 0,8 mm sera vendu après le lancement. On peut aussi mélanger des buses en laiton et en acier trempé. Cela permet par exemple d’imprimer les détails finement et le remplissage plus vite dans la même pièce.
Quels logiciels fonctionnent avec la Creality K3 ?
La K3 est optimisée pour Creality Print 7.0 et les versions suivantes, y compris pour l’impression multi-buses. Elle est aussi compatible avec OrcaSlicer. L’accès root est ouvert d’origine, et Creality publiera un firmware basé sur Klipper par étapes.

