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Une jour brûlant à Puerto Maldonado
En janvier 2018, lors d’une journée étouffante, le Pape François s’est adressé à 100 000 fidèles à Puerto Maldonado, au Pérou, non loin d’une région de l’Amazonie ravagée par l’exploitation aurifère, d’une taille équivalente à celle du Colorado.
“Les peuples natifs de l’Amazonie n’ont probablement jamais été aussi menacés sur leurs propres terres qu’aujourd’hui”, a-t-il annoncé à la foule. Il a critiqué à la fois les industries extractives et les initiatives de conservation qui, “sous prétexte de préserver la forêt, s’accaparent de vastes étendues boisées pour en tirer profit, menant à des situations d’oppression pour les peuples natifs.”
« Leur vision cosmique et leur sagesse ont beaucoup à nous apprendre, à nous qui ne faisons pas partie de leur culture. »
Les paroles du Pape ont eu un fort retentissement pour Julio Cusurichi Palacios, un leader autochtone présent ce jour-là dans le stade.
Dans un élan d’espoir lié au message du haut représentant de l’Église catholique, qui détient 1,4 milliard de fidèles, Cusurichi a exprimé l’espoir que le nouveau pape poursuivra cet engagement envers la défense des droits des peuples autochtones.
L’héritage de François
Durant ses 12 années de pontificat, le Pape François a radicalement transformé la façon dont l’institution religieuse la plus influente au monde aborde les enjeux éthiques et moraux liés à la protection de la planète.
Outre son plaidoyer pour les droits des peuples autochtones, il a reconnu le rôle de l’Église dans la colonisation et a considéré le changement climatique comme un problème moral émanant d’une consommation effrénée et du matérialisme.
Une encyclique historique : Laudato si’
En 2015, François a publié l’encyclique Laudato si’, dans laquelle il déclarait sans équivoque que la pollution responsable du réchauffement climatique est un problème mondial urgent impactant de manière disproportionnée les pauvres.
Cette déclaration a établi un lien inébranlable entre foi, changement climatique et justice sociale, en faisant une doctrine centrale du catholicisme.
« Nous vivons dans une société du déchet. Nous jetons les gens, nous jetons la nature… et nous avons vraiment besoin d’une culture beaucoup plus basée sur le soin. »
Ces mots de Christopher Cox, directeur exécutif de la Seventh Generation Interfaith Coalition for Responsible Investment, soulignent l’appel de François à un soin accru des plus vulnérables et de la création.
Vers un engagement progressiste
Premier Pape d’Amérique latine, François a parfois intégré des éléments de la théologie de la libération, bien qu’il ait critiqué ses aspects marxistes. Sa reconnaissance des contributions autochtones dans le catholicisme a marqué un tournant dans l’histoire de l’Église.
Lors de sa visite au Mexique en 2016, François a célébré la messe en langues mayas et d’autres langues autochtones, prouvant ainsi son engagement envers la diversification linguistique et culturelle dans les pratiques catholiques.
Excuses historiques et rejet de la doctrine
En 2022, François a présenté des excuses officielles pour les abus commis dans les écoles résidentielles au Canada. Il a ensuite rejeté la “Doctrine de la Découverte”, un concept religieux ayant servi de justification à la saisie illégale des terres autochtones.
En 2023, il a souligné l’importance des peuples autochtones dans la lutte contre le changement climatique, renforçant ainsi son plaidoyer en faveur de la justice sociale et environnementale.
Les défis du pape Léon XIV
Bien que des progrès notables aient été réalisés sous le pontificat de François, certains défis subsistent. Le Pape Léon XIV, anciennement Robert Francis Prevost, nouvellement élu, est perçu par certains comme un potentiel porteur de ce flambeau.
« Il est temps de passer des paroles aux actes. »
Ces propos du nouveau pape laissent espérer une continuité de l’engagement en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique. Avec un héritage pionnier à poursuivre, le nouvel évêque romain semble prêt à affronter les défis de notre ère moderne.
