Recycler un vieux PC en serveur domotique sans bricoler une clé Ubuntu : la préversion qui veut simplifier l’arrivée de HAOS
Par Johan | Publié le
🔥 Ce qu’il faut retenir
- Le projet Home Assistant a publié le 23 octobre la version 0.0.0-alpha.4 de son outil Home Assistant Installer, qui ajoute pour la première fois une clé USB démarrable pour installer Home Assistant OS sur un PC x86-64 classique.
- Interface plein écran, images HAOS contrôlées avec des sommes de contrôle signées, avertissement unique juste avant l’effacement du disque : l’outil vise à remplacer la manipulation actuelle avec une clé Ubuntu et l’utilitaire Disques.
- C’est encore une preuve de concept : la méthode officielle reste la référence, mais les possesseurs d’un mini PC ou d’un vieux portable ont là une piste sérieuse pour se monter un serveur domotique sans acheter de box à environ 180 euros.
Installer Home Assistant sur un mini PC fait partie de ces projets que l’on repousse parce que la procédure intimide : réglages du BIOS, clé Linux à préparer, image disque à écrire à la main. Le projet open source vient de publier une préversion de son installateur qui s’attaque justement à cette étape. Comme souvent sur notre magazine high-tech, on fait le point sur ce que cela change vraiment, et sur ce qu’il vaut mieux attendre.
Une clé USB qui démarre directement sur l’installation de Home Assistant OS
Home Assistant Installer (HAI) est une application de bureau multiplateforme, sous licence Apache 2.0, qui sait déjà flasher une carte SD pour Raspberry Pi ou ODROID, restaurer les box Home Assistant Yellow et Green, ou créer une machine virtuelle dans Proxmox VE et dans UTM sur Mac. La nouveauté de la version 0.0.0-alpha.4 est un installateur « live USB » pour les PC x86-64 génériques : on démarre la machine sur la clé, et une interface plein écran prend le relais pour installer Home Assistant OS sur le disque interne.
💡 Pour comprendre : Home Assistant OS et la clé « live »
Home Assistant OS (HAOS) est un système complet, prévu pour occuper tout un disque et faire tourner Home Assistant avec ses modules complémentaires. Contrairement à un logiciel classique, il ne s’installe pas depuis Windows : il faut écrire son image directement sur le disque de la machine. Une clé « live » est une clé USB sur laquelle le PC démarre à la place de son système habituel, ce qui permet de travailler sur le disque interne sans qu’il soit utilisé. C’est ce rôle que jouait jusqu’ici une clé Ubuntu, et que veut reprendre l’installateur.
Le projet présente lui-même cette clé USB comme une preuve de concept : l’idée est là, la version grand public pas encore.
Concrètement, c’est une excellente nouvelle pour qui a un vieux portable au fond d’un placard ou envisage un petit mini PC à processeur Intel N100 pour piloter éclairages, capteurs et chauffage. Ces machines consomment peu, restent silencieuses et offrent bien plus de puissance qu’un Raspberry Pi.
Ce que change cette préversion par rapport à la méthode actuelle
Aujourd’hui, la documentation officielle pour les PC x86-64 recommande une procédure en plusieurs étapes : régler le BIOS en mode UEFI avec le Secure Boot désactivé, créer une clé Ubuntu Desktop, démarrer dessus, télécharger l’image HAOS puis la restaurer sur le disque interne avec l’utilitaire Disques. La documentation le dit noir sur blanc : HAOS n’a pas d’installateur intégré qui écrit l’image automatiquement. L’installateur USB veut regrouper tout cela dans un seul parcours guidé, avec des images contrôlées avant écriture.
💡 Pour comprendre : la somme de contrôle signée
Une somme de contrôle est une sorte d’empreinte numérique calculée à partir d’un fichier : si un seul octet change, l’empreinte change aussi. Quand cette empreinte est signée par l’éditeur, on peut vérifier que l’image téléchargée est complète et qu’elle vient bien de lui. Pour un système qui va gérer les serrures, caméras ou alarmes de la maison, ce contrôle évite d’installer un fichier corrompu ou modifié.
La version alpha.4 apporte aussi des cartes de disques plus lisibles (chemin affiché, noms longs en entier), un seul avertissement d’effacement juste avant l’écriture, des parcours revus pour les box Yellow, Blue, Green, la carte VIM3 et les mini PC, des écrans Proxmox et UTM retravaillés, ainsi qu’un audit d’accessibilité automatique sur chaque écran et la prise en charge des langues écrites de droite à gauche. Plusieurs cas d’échec et de nouvelle tentative ont été corrigés, et la fenêtre signale désormais quand l’installateur ne parvient pas à démarrer. Dernier détail : l’application Windows n’est pas encore signée, Microsoft Defender SmartScreen peut donc afficher un avertissement d’éditeur inconnu.
Installateur USB, méthode officielle ou box prête à l’emploi : le comparatif
Pour préparer l’installation, quelle que soit la méthode, une clé USB 3.2 d’au moins 8 Go fait l’affaire. Voici comment se situent les trois options pour se lancer dans Home Assistant.
| Critère | Installateur USB (alpha.4) | Méthode officielle actuelle | Home Assistant Green |
|---|---|---|---|
| Matériel | PC x86-64 générique | PC x86-64 compatible UEFI | Box dédiée (Arm quadricœur 1,8 GHz, 4 Go, 32 Go eMMC) |
| Préparation | Démarrage sur la clé, interface plein écran guidée | Clé Ubuntu, téléchargement de l’image, restauration avec Disques | Aucune, système préinstallé |
| Contrôle de l’image | Automatique (sommes signées) | À la charge de l’utilisateur | Sans objet |
| Statut | Preuve de concept | Recommandée | Produit commercial |
| Coût | Gratuit (hors PC) | Gratuit (hors PC) | Environ 180 euros chez les revendeurs européens |
Dans les deux cas, le principe de branchement reste le même : la box officielle comme le mini PC recyclé se raccordent en Ethernet à la box internet, et les ports USB servent ensuite à ajouter un dongle radio Zigbee, Thread ou Z-Wave pour piloter les objets connectés de la maison.

La connectique arrière de la Home Assistant Green : alimentation, ports USB, HDMI et Ethernet.
Avant de recycler un PC en box domotique : les bons réflexes
Le disque choisi sera entièrement effacé : sauvegardez tout avant de lancer l’installation.
D’après la documentation officielle, la machine doit être un PC 64 bits Intel ou AMD capable de démarrer en UEFI, ce qui concerne la plupart des modèles des dix dernières années, avec le Secure Boot désactivé. Attention au disque : il doit utiliser des secteurs logiques de 512 octets, les SSD NVMe et disques en secteurs natifs de 4K (4Kn) ne démarrant pas. Un câble Ethernet est conseillé, car le premier démarrage télécharge Home Assistant Core avant de rendre l’interface accessible sur homeassistant.local:8123. Si vous ne voulez rien bricoler, le Home Assistant Green, vendu environ 180 euros chez les revendeurs européens quand il est en stock, reste l’option clé en main.
Mon avis
L’installation sur PC a toujours été le point faible de Home Assistant. Le logiciel est remarquable, mais demander à un débutant de démarrer sur Ubuntu pour restaurer une image disque, c’est perdre une bonne partie du public en route. Cet installateur s’attaque au bon problème.
Ce qui me plaît, c’est la prudence affichée : vérification des images, avertissement d’effacement placé au moment critique, audit d’accessibilité. On sent un outil pensé pour le grand public, pas pour les initiés.
Reste qu’une alpha numérotée 0.0.0 n’a rien à faire sur la machine qui pilotera votre chauffage. Si vous partez de zéro aujourd’hui, la méthode officielle fonctionne très bien en suivant la documentation pas à pas. Si vous n’êtes pas pressé, gardez ce vieux PC de côté et attendez la version stable : elle pourrait bien rendre la box à 180 euros beaucoup moins indispensable.
Vous hésitez entre un mini PC et une box prête à l’emploi, ou vous bloquez sur un réglage de BIOS ? Les commentaires sont faits pour ça, et sinon je suis là pour vous aider à choisir la configuration qui vous convient.
Pour suivre l’évolution du projet et consulter la documentation d’installation, rendez-vous sur le site officiel de Home Assistant.

Qu’est-ce que le nouvel installateur Home Assistant sur clé USB ?
C’est une préversion de Home Assistant Installer, l’outil officiel du projet, qui ajoute une clé USB démarrable pour les PC x86-64 classiques. Une fois la machine lancée sur cette clé, une interface plein écran guide l’installation de Home Assistant OS sur le disque interne. La version 0.0.0-alpha.4, publiée le 23 octobre, présente cette fonction comme une preuve de concept.
Peut-on déjà l’utiliser pour installer Home Assistant chez soi ?
Techniquement oui, puisque les fichiers sont téléchargeables publiquement, mais il s’agit d’une version alpha. Le projet lui-même la classe en préversion et la méthode recommandée dans la documentation reste celle de la clé Ubuntu. Pour une installation que l’on veut fiable au quotidien, mieux vaut patienter jusqu’à une version stable.
Quels PC sont compatibles avec Home Assistant OS ?
La documentation officielle vise les PC 64 bits Intel ou AMD capables de démarrer en mode UEFI, ce qui couvre la plupart des machines des dix dernières années. Il faut désactiver le Secure Boot dans le BIOS. Le disque de démarrage doit utiliser des secteurs logiques de 512 octets : les SSD NVMe et disques en secteurs natifs de 4K (4Kn) ne démarrent pas.
L’installateur efface-t-il le disque du PC ?
Oui, installer Home Assistant OS remplace tout le contenu du disque choisi. La nouvelle version affiche désormais le chemin de chaque disque, son nom complet, et un unique avertissement d’effacement juste avant l’écriture. Sauvegardez vos fichiers avant de commencer et vérifiez deux fois le disque sélectionné.
Faut-il une connexion internet pour installer Home Assistant OS ?
Oui. Au premier démarrage, Home Assistant OS télécharge Home Assistant Core, ce qui demande un accès à internet, idéalement par câble Ethernet. Après quelques minutes, l’interface est accessible depuis un navigateur à l’adresse homeassistant.local:8123 ou via l’adresse IP de la machine.
Pourquoi Windows affiche-t-il un avertissement en lançant l’installateur ?
L’application pour Windows n’est pas encore signée numériquement. Microsoft Defender SmartScreen peut donc signaler un éditeur inconnu. Les notes de version indiquent de cliquer sur « Informations complémentaires » puis « Exécuter quand même », à condition d’avoir téléchargé le fichier depuis la page officielle du projet.
Mini PC ou Home Assistant Green : que choisir ?
Le Home Assistant Green est une box prête à l’emploi (processeur Arm quadricœur, 4 Go de RAM, 32 Go de stockage) vendue environ 180 euros chez les revendeurs européens. Un mini PC x86-64 récupéré ou d’occasion offre souvent plus de puissance et de stockage pour moins cher, mais demande une installation manuelle. C’est précisément cette étape que le futur installateur veut simplifier.

