Écran en guise de visage, mains pour saisir les petits objets et puces Nvidia : ce que l’on sait du projet domestique du groupe de Menlo Park
Par Johan | Publié le
🔥 Ce qu’il faut retenir
- Selon des informations de presse américaines, Meta a mis au point en trois mois environ, avec le fabricant chinois Fourier, un prototype de robot humanoïde baptisé Max, pensé pour aider aux tâches de la maison. Meta n’a rien confirmé officiellement.
- Le prototype mesurerait environ 1,50 m pour 48 kg, avec un écran affichant des expressions, un haut-parleur, des mains capables de saisir de petits objets et des puces Nvidia Jetson Thor. Une version Max 2 serait en chantier depuis septembre.
- Aucune date de commercialisation ni aucun prix : c’est un projet de recherche, pas un produit. Pour le grand public, les robots domestiques déjà commercialisables restent rares et chers, comme le NEO de 1X vendu environ 17 000 euros (20 000 dollars) aux États-Unis.
Après les lunettes connectées et les casques de réalité virtuelle, Meta s’intéresserait de près à un appareil bien plus ambitieux : un robot humanoïde capable de donner un coup de main à la maison. L’information n’émane pas du groupe lui-même, mais d’une enquête de presse américaine publiée ce week-end, et elle mérite donc d’être prise avec prudence. Sur notre magazine high-tech, on fait le tri entre ce qui est rapporté, ce qui reste flou, et ce que ce projet change concrètement pour vous aujourd’hui.
Max, un prototype bâti en trois mois avec Fourier
D’après ces informations, Meta aurait développé Max en partenariat avec Fourier, une société chinoise connue pour ses robots humanoïdes et ses exosquelettes de rééducation, en trois mois environ. Le robot mesurerait environ 1,50 m et pèserait autour de 48 kg. Il disposerait d’un écran affichant des expressions faciales, d’un haut-parleur intégré et de mains conçues pour attraper de petits objets. Côté calcul, Meta utiliserait des modules Nvidia Jetson Thor, une plateforme pensée pour faire tourner l’intelligence artificielle directement à bord des robots.
💡 Pour comprendre : pourquoi un robot de maison est si difficile à concevoir
Une usine est un environnement prévisible : les pièces arrivent toujours au même endroit, sous le même éclairage. Une maison, c’est l’inverse : des objets de toutes formes, des escaliers, des animaux, des enfants et un désordre qui change tous les jours. Le robot doit donc reconnaître ce qu’il voit, décider seul quoi faire et manipuler des objets fragiles sans les casser. C’est pour cela que les géants de la tech misent sur l’intelligence artificielle embarquée, et que la plupart des robots domestiques actuels sont encore partiellement guidés à distance par des humains.
Un prototype construit en trois mois en dit plus sur l’ambition de Meta que sur la date à laquelle un robot fera la vaisselle chez vous.
Ce projet ne sort pas de nulle part. Meta a monté il y a plus d’un an une équipe dédiée au matériel robotique pour les tâches ménagères, et a racheté plus tôt cette année la start-up Assured Robot Intelligence, spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée aux robots. En attendant un éventuel humanoïde, la robotique domestique accessible aujourd’hui reste celle des robots aspirateurs laveurs, qui savent déjà cartographier un logement et éviter les obstacles.
Max 2 : des escaliers, un projecteur et de nouvelles mains
Toujours selon ces informations, Meta travaillerait depuis septembre sur une deuxième version, Max 2. Les évolutions évoquées portent sur le torse et le dessin des mains, l’ajout d’un projecteur et de capteurs supplémentaires pour mieux gérer les escaliers. Aucun calendrier n’est associé à ces travaux, et rien n’indique que Meta prévoie de vendre ces unités : elles serviraient avant tout de plateforme de développement interne.
💡 Pour comprendre : prototype, plateforme de développement et produit
Un prototype sert à vérifier qu’une idée fonctionne, souvent en assemblant des briques existantes, ici le savoir-faire mécanique de Fourier et les puces de Nvidia. Une plateforme de développement permet ensuite aux ingénieurs d’entraîner et de tester leurs logiciels sur un vrai robot. Le produit commercial n’arrive qu’après, avec des contraintes de sécurité, de fiabilité et de prix bien plus strictes. Entre les deux étapes, il peut s’écouler plusieurs années, et beaucoup de projets ne franchissent jamais la dernière.
Il faut donc lire cette information pour ce qu’elle est : un signal sur la direction que prend Meta, pas l’annonce d’un appareil. Le groupe n’a communiqué ni fiche technique officielle, ni photo, ni date.
Face aux robots domestiques déjà annoncés
Pour situer Max, le plus parlant est de le comparer à deux humanoïdes dont les fiches sont publiques : le NEO de l’américain 1X, le premier vraiment proposé aux particuliers, et le GR-3 de Fourier, le partenaire de Meta, pensé comme robot de compagnie. Et si vous cherchez dès maintenant à déléguer une corvée précise, un robot lave-vitre ou un robot aspirateur font déjà le travail pour une fraction du prix.

Le NEO de 1X, l’un des rares humanoïdes déjà proposés aux particuliers, aux États-Unis pour l’instant.
Sur ses visuels officiels, 1X met en scène le NEO dans un intérieur ordinaire, au milieu des occupants, avec une silhouette entièrement habillée de tissu clair. C’est exactement le terrain que viserait Meta avec Max, mais là où 1X présente déjà un produit en précommande, Meta n’a montré ni image, ni démonstration publique.
| Critère | Meta Max (prototype rapporté) | 1X NEO | Fourier GR-3 |
|---|---|---|---|
| Statut | Prototype interne, non confirmé par Meta | En précommande, livraisons prévues en 2026 | Robot de compagnie présenté par Fourier |
| Taille et poids | Environ 1,50 m, 48 kg | Environ 1,68 m, 30 kg | 1,65 m, environ 71 kg |
| Autonomie | Non communiquée | Environ 4 heures (batterie de 842 Wh) | Environ 3 heures, batteries remplaçables à chaud |
| Usage visé | Tâches ménagères | Tâches ménagères | Compagnie et accueil dans les lieux publics |
| Prix | Aucun, pas de commercialisation annoncée | Environ 17 000 euros (20 000 dollars) ou environ 430 euros (499 dollars) par mois | Non communiqué |
| Disponibilité en France | Aucune | Non, États-Unis d’abord, autres marchés à partir de 2027 | Non prévue pour les particuliers |
Ce que vous pouvez en attendre, et quoi acheter en attendant
Pour la maison, la vraie question n’est pas « quand », mais « combien et avec quelle part de pilotage humain ».
Soyons clairs : aucun robot humanoïde ne sera dans les rayons français pour ce Noël, ni celui de Meta ni celui de ses concurrents. Même le NEO de 1X, le plus avancé côté commercialisation, vise d’abord les États-Unis, à un prix d’environ 17 000 euros (20 000 dollars), avec un abonnement d’environ 430 euros (499 dollars) par mois en option, et 1X prévoit de faire intervenir ses experts pour guider le robot sur les tâches qu’il ne sait pas encore faire. Si vous voulez gagner du temps à la maison dès aujourd’hui, les robots spécialisés restent la réponse la plus sensée : aspirateur laveur pour les sols, robot lave-vitre, robot tondeuse pour le jardin. Ils coûtent de quelques centaines à un peu plus de mille euros et sont disponibles immédiatement.
Mon avis
Je vois dans ce projet une course de positionnement plus qu’un futur produit. Meta a déjà le logiciel, l’intelligence artificielle et l’expérience du matériel avec ses lunettes et ses casques. Construire un humanoïde en trois mois en s’appuyant sur Fourier et Nvidia, c’est une façon rapide de ne pas laisser Tesla, Figure ou 1X seuls sur le terrain.
Ce qui me laisse sceptique, c’est la distance entre un prototype de laboratoire et un robot à qui l’on confie sa cuisine. Personne n’a encore résolu la question du prix, de la sécurité autour des enfants, ni celle de la vie privée. Et sur ce dernier point, un robot bardé de caméras signé Meta posera forcément plus de questions qu’un aspirateur.
Mon conseil : suivez ce dossier avec curiosité, mais n’attendez rien de concret avant plusieurs années. Pour alléger les corvées aujourd’hui, un bon robot aspirateur reste l’investissement le plus rentable.
Un robot humanoïde chez vous, vous seriez prêt à franchir le pas, et pour quelle tâche en priorité ? Dites-le en commentaire, sinon je suis là pour vous aider à choisir le robot domestique qui vous fera vraiment gagner du temps.
Pour suivre les annonces officielles du groupe, rendez-vous sur le site officiel de Meta.

Meta a-t-il officiellement annoncé un robot humanoïde ?
Non. L’existence de Max provient d’une enquête de presse américaine, et Meta n’a publié aucun communiqué, aucune photo ni aucune fiche technique. On sait en revanche que le groupe a créé une équipe dédiée à la robotique domestique et racheté la start-up Assured Robot Intelligence cette année.
Que saurait faire le robot Max de Meta ?
Il est pensé pour aider aux tâches ménagères. Selon les informations rapportées, il dispose de mains conçues pour saisir de petits objets, d’un écran qui affiche des expressions faciales et d’un haut-parleur. Ses capacités réelles dans une maison n’ont pas été démontrées publiquement.
Qui est Fourier, le partenaire de Meta ?
Fourier est une société chinoise de robotique, connue pour ses exosquelettes de rééducation et ses robots humanoïdes de la gamme GR. Son modèle GR-3 mesure 1,65 m pour environ 71 kg et se présente comme un robot de compagnie. Fourier apporterait à Meta son savoir-faire mécanique et industriel.
Quand le robot de Meta sera-t-il en vente et à quel prix ?
Aucune date de lancement ni aucun prix n’existe. Max et sa deuxième version seraient des plateformes de développement internes, sans projet de vente annoncé. Il faut s’attendre à plusieurs années de travail avant un éventuel produit grand public.
Qu’apporterait la version Max 2 ?
Selon les informations rapportées, Meta y travaille depuis septembre. Les évolutions évoquées concernent le torse et le dessin des mains, l’ajout d’un projecteur et de capteurs supplémentaires pour mieux franchir les escaliers. Aucun calendrier n’a été communiqué.
Peut-on déjà acheter un robot humanoïde domestique en France ?
Pas vraiment. Le NEO de 1X, l’un des rares proposés aux particuliers, est vendu environ 17 000 euros (20 000 dollars) aux États-Unis, avec des livraisons prévues en 2026 et une ouverture à d’autres marchés à partir de 2027. En France, la robotique domestique accessible reste celle des robots aspirateurs, lave-vitres et tondeuses.
Un robot domestique de Meta pose-t-il des questions de vie privée ?
Oui, comme tout robot équipé de caméras et de micros qui circule dans un logement. Meta n’a rien précisé à ce sujet puisque le projet n’est pas officiel. Pour un futur produit, il faudra regarder de près le traitement des images, le stockage des données et la possibilité de couper les capteurs.

